Un nouveau modèle pour l’industrie de l’huile de palme?

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Auteur :

Annie Kelly, The Guardian

Date :

7 décembre, 2016

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Avec l’augmentation de la demande mondiale, l’Afrique est devenue la nouvelle frontière de la production industrielle d’huile de palme. Comment s’assurer alors que les erreurs du passé ne se répètent pas? Est-il possible d’établir une industrie durable de l’huile de palme qui fonctionne de manière à protéger les droits environnementaux et les droits humains et qui offre aux communautés locales de véritables opportunités?

Le modèle agri-industriel utilisé par de nombreux producteurs d’huile de palme en Asie du Sud-Est implique généralement la location de terres au gouvernement. Le consentement des populations locales est alors sollicité et elles se voient généralement offrir des emplois dans les plantations. Ce modèle, a averti Abraham Baffoe, Directeur régional pour l’Afrique à Proforest, une ONG environnementale, été répliqué à l’identique en Afrique au détriment des questions qu’il pourrait soulever au niveau de la communauté locale.

En effet, même lorsque les terres sont légalement détenues par le gouvernement, les communautés ont toujours des droits d’usage traditionnels. Ainsi, selon Baffoe, en négociant en premier lieu avec le gouvernement au lieu des communautés locales, les industriels risquent de générer des conflits. L’industrie est d’ailleurs ouvertement critiquée pour ses pratiques visant à diviser des communautés afin de mieux en recueillir le consentement. Par ailleurs, certaines analyses économiques affirment que l’industrie de l’huile de palme a très peu contribué à l’économie du sud-est asiatique.

Ainsi, dans le cas africain, il est nécessaire de développer une industrie de l’huile de palme fondée sur le respect des droits fonciers – ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. En outre, elle doit se fonder sur une économie mixte qui satisfera les besoins alimentaires de la population locale, ses besoins culturels et ses besoins en revenus. En aucun cas la terre locale ne devra être considérée comme librement disponible et la population locale comme une main-d’œuvre bon marché.

Une piste : soutenir les petits exploitants et fermes familiales. Cependant, selon Baffoe, selon nécessitera un investissement important de la part des industriels en l’absence de soutien des gouvernements.